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vendredi 16 mai 2014

The 100 saison 1, épisode 9...

 Mais pourquoi donc l'apocalypse fascine ?

 De nombreuses sociétés, y compris babylonienne et judaïque, avaient produit de la  littérature apocalyptique et mythologique traitant de la fin du monde et de la société humaine. L'Épopée de Gilgamesh , écrite environ 2000-1500 av. J.-C., parle d'un mythe où les dieux en colère provoquent des inondations pour punir l'humanité mais le héros antique Uta-Napishtim et sa famille sont sauvés grâce à l'intervention du dieu Enki. L’histoire scripturaire de Noé et de son arche décrit la fin d'une civilisation corrompue et son remplacement par un monde refait. Les premiers siècles de notre ère ont vu la création de diverses œuvres apocalyptiques, la plus connu est Apocalypse (Livre de la révélation) (l’origine du mot « apocalypse » signifie « révélation de secrets »), qui est rempli de prophéties de destruction ainsi que d’idées lumineuses.



 Dans le premier chapitre de Apocalypse, l'auteur Jean de Patmos explique sa mission divine :

« Write the things which thou hast seen, the things which are, and the things which shall be hereafeter. » (Apocalypse 1 :19).

« Écrire les choses que tu as vues, les choses qui sont, et les choses qui doivent arriver après. ».

 Il la ressent comme une mission de transmission, de révélation du royaume de Dieu, sa promesse que la justice prévaudra et que la souffrance sera justifiée. L’eschatologiste fournit une vision du Jugement Dernier, révélant la promesse de Dieu pour la rédemption de la souffrance et des conflits. Apocalypse décrit un nouveau ciel et une nouvelle terre et le public visé (les chrétiens sous la persécution de l'Empire romain pour qui Jean a écrit des lettres qui constituent le livre) a été enchanté et inspiré, plutôt que terrifié par les idées du Jugement Dernier. Ces chrétiens se croyaient choisi pour le salut de Dieu et donc ces sensibilités apocalyptiques inspiraient l'optimisme et la nostalgie pour la fin des temps.



L’Épopée de Gilgamesh est un récit légendaire de l’ancienne Mésopotamie (Irak moderne). Faisant partie des œuvres littéraires les plus anciennes de l’humanité, la première version complète connue a été rédigée en akkadien dans la Babylonie du XVIIIe ou XVIIe siècle av. J.-C. ; écrite en pictogrammes sur des tablettes d’argile, elle s’inspire de plusieurs récits, en particulier sumériens, composés vers la fin du IIIe millénaire ; elle est à rapprocher d’« Enki et Ninhursag », d’« Enûma Elish » (Lorsqu’en haut…) et du « Atrahasis » (Poème du Supersage). Elle a pour origine des récits mythiques ayant pour personnage principal le roi Gilgamesh, cinquième roi (peut-être légendaire) de la première dynastie d’Uruk (généralement datée de l’époque protodynastique III, vers 2700 av. J.-C., 2500 av. J.-C.), selon la liste royale sumérienne composée pendant la première dynastie d’Isin (2017 av. J.-C., 1794 av. J.-C.).

Selon l’opinion commune des assyriologues, le récit du Déluge, inspiré par l’Épopée babylonienne d’Atrahasis ou « Poème du Supersage », a été ajouté vers 1200 av. J.-C., pour former le texte « standard », comprenant onze tablettes, de l’épopée assyro-babylonienne. La douzième tablette, traduction de la seconde moitié du récit sumérien « Gilgamesh, Enkidu et le séjour des morts », a dû être ajoutée vers -700.

Joseph Désiré Court - Une Scène de déluge


Ce sont des tablettes d’écriture cunéiforme du VIIIe siècle av. J.-C. trouvées par Hormuzd Rassam dans les fouilles de la bibliothèque du roi Assurbanipal à Ninive qui l’ont dévoilée au monde dans les années 1870, à partir notamment du passage concernant le Déluge, qui fit sensation à l’époque. Cette épopée avait connu un grand succès dans le Proche-Orient ancien, et des exemplaires ont été retrouvés dans des sites répartis sur un grand espace, en Mésopotamie, Syrie, et en Anatolie ; elle est attestée jusque dans les textes de Qumrân, peu avant l’ère chrétienne. Elle avait été traduite en hittite et en hourrite.

Les sources sont sumériennes, babyloniennes, assyriennes, hittites et hourrites. Les tablettes seront d’abord traduites par Georges Smith, protégé de Henry Rawlinson. De récents travaux rapprochent l’épopée de Gilgamesh des douze travaux d’Héraclès (l’homologue grec du héros romain Hercule), la légende babylonienne étant antérieure de près d'un millénaire aux écrits d’Homère.

Résumé

Gilgamesh, roi de la ville d'Uruk, est dur et intransigeant envers ses sujets. À la demande de ceux-ci, la déesse Aruru, maîtresse de la cité, confectionne avec de l’argile un « double » de Gilgamesh, Enkidu, pour le remettre dans le droit chemin. Personnifié à l'image d'Anu le dieu du ciel et de Ninurta le dieu de la guerre, c'est un homme sauvage, dénué de toute élégance naturelle et destiné à être le miroir de Gilgamesh, son compagnon, mais à la différence de celui-ci, il est bon et a la forme d'un taureau. Les deux personnages se rencontrent en duel mais aucun des deux n'a gagné. Au terme du combat, tous deux comprennent leur complémentarité et s’allient pour accomplir de grands exploits. Mais Enkidu meurt et Gilgamesh, au comble de la tristesse, part à la recherche du secret de l’immortalité auprès d’Outa-Napishtî qui lui fait l’étrange récit d’un déluge. Au moment de partir, il lui révèle l’existence d’une plante de jouvence. À peine Gilgamesh a-t-il pu se procurer la plante qu’il se la fait dérober par un serpent et comprend qu’il n’est pas dans la nature de l’homme d'être immortel. Une telle quête est vaine et l’on doit profiter des plaisirs qu’offre la vie présente.