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jeudi 26 août 2010

1930 - Tintin au Congo

Au début des années 1930, Hergé participe peu au supplément Votre Vingtième, Madame, y réalisant des couvertures d'esprit « art-déco » assez étonnantes. C'est l'image de la femme libérée de l'entre-deux-guerres qui transparaît ici, influencée par les années folles venues tout droit des États-Unis. Le dessinateur dresse des portraits de femmes faisant du sport, pilotant une automobile ou encore un bateau.

À partir de la fin des années 1920, Georges Remi officie comme illustrateur pour plusieurs romans, bien souvent dans le sillage du scoutisme catholique. Le premier d'entre eux est L'Âme de la mer (1927) de Pierre Dark, un ancien compagnon de scoutisme. L'année suivante, il illustre Mile, histoire d'un membre de patronage de Maurice Schmitz, un ouvrage à succès. Enfin, il s'associe à l'édition de l'Histoire de la guerre scolaire (1932) de Léon Degrelle.

En parallèle de ces activités, Hergé réalise des centaines de publicités : le lettrage et la composition sont toujours au rendez-vous. Parmi elles figurent une affiche de 1928, la « Grande Fancy-Fair : organisée au profit des écoles libres de la paroisse Saint-Boniface », mais aussi des illustrations pour des marques d'amplificateurs (Modulophone, 1930), de tapisseries (J. Lannoy fils, 1928), de magasins de jouets (L'Innovation, 1931)… Ce travail en parallèle d'illustrateur renforce davantage sa technique et sa précision dans la composition de ses bandes dessinées.

Tintin au Congo

L'histoire se déroule pendant l'époque coloniale. Dans le cadre de son travail de journaliste, Tintin, accompagné de son chien Milou, se rend en paquebot au Congo, la grande colonie belge de l'époque. Tom, un homme embarqué clandestinement sur le même bateau, va tenter plusieurs fois de le tuer une fois qu'ils seront arrivés à bon port.


Une suite de péripéties amène Tintin au royaume des Babaoro'm, où il devient le sorcier attitré. Il découvre que les hommes blancs qui veulent sa mort (notamment Tom) sont des gangsters affiliés à Al Capone, qui veut contrôler la production de diamants au Congo.

Dans les années 1930, le Congo représentait un véritable Eldorado pour la Belgique. Le Congo, quatre-vingt fois plus grand que le pays qui le colonisait, avait un sous-sol extrêmement riche. À cette époque, le territoire manquait de main-d'œuvre. La tendance de l'époque était donc de faire de la publicité pour ce pays.


Hergé affirma plus tard que lors de la création de Tintin au Congo, tout comme pour Tintin au pays de Soviets, il vivait dans un milieu plein de préjugés. C'est d'ailleurs la particularité de Tintin au Congo : l'album, bien loin des prises de positions anti colonialistes qui apparaissent dans l’œuvre d'Hergé dès le Lotus bleu, est rempli de stéréotypes typiques de la vision qu'avaient de l'Afrique les Européens à cette époque.

Hergé déclarera ainsi à propos de l'album :
« Pour le Congo tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu dans lequel je vivais… C’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : "Les nègres sont de grands enfants, heureusement que nous sommes là !", etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque en Belgique. »






 

Mais remettons les choses dans leur contextes. 1929 crise de Wall Street, plus que jamais les pays colonisateurs européen prennent conscience de l'importance des matières premières de leurs colonies dans une économie mondiale qui s'enfonce.
Mais gros problème pour ceux qui veulent accroître le poids économique des pays colonisés, les européens, dans leur très grande majorité s'en désintéressent comme de leur première paire de chaussettes, à l'image de Clémenceau qui préférait récupérer l'Alsace et la Lorraine plutôt que de se soucier d'Afrique ou autres.
En France, une méga opération de propagande fut organisé sous la forme d'une exposition coloniale internationale.

 Et méga est bien le mot qu'il convient, tant tout y était surdimensionné, 6km de long, 3km de large, et au total, 110 hectares de pavillons ouvrent leurs portes dans le bois de Vincennes le 6 mai 1931.

L'opération est un succès avec 34 millions de visiteurs en six mois.

Voila donc le contexte dans lequel Hergé se trouvait à ce moment la, de plus, n'oublions pas non plus qu'il était sous les ordres de l'abbé Wallez qui lui avait commandé l'album, et l'église et les missionnaire très présent sur ces territoires à christianiser, avaient certainement envie que leurs ouailles européens participent aussi à la mission civilisatrice en cours, ou tout au moins, la considèrent d'un bon oeil.


L'exposition coloniale
envoyé par Ali_La_Pointe. - L'info internationale vidéo.

D'ailleurs les laïques républicains et même gauchistes n'étaient pas en reste sur ce sujet la, puisque dès juillet 1885 , Jules Ferry avait prononcé ce discours à l'assemblée nationale:

-Jules Ferry:"Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question.



Sur ce point, l'honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l'esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu’est ce que c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canon ? Qu'est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n'ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu'elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu'elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.


Voilà, messieurs, la thèse ; je n'hésite pas à dire que ce n'est pas de la politique, cela, ni de l'histoire : c'est de la métaphysique politique... (Ah ! ah ! à l'extrême gauche.)


Voix à gauche. Parfaitement !

M. Jules Ferry.... et je vous défie – permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan –, de soutenir jusqu'au bout votre thèse, qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu'au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l'expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.


Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche.)


M. Jules Maigne . Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l'homme !


M. de Guilloutet. C'est la justification de l'esclavage et de la traite des nègres !


M. Jules Ferry.Si l'honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l'extrême gauche et à droite. – Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)


M. Raoul Duval. Nous ne voulons pas les leur imposer ! C'est vous qui les leur imposez !


M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !


M. Georges Périn. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !


M. Jules Ferry. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d'approbation sur les mêmes bancs à gauche – Nouvelles interruptions à l'extrême gauche et à droite.)


(Jules Ferry, alors Président du Conseil, prononce ce discours devant les députés français. Chargé des affaires étrangères depuis 1883, il a entraîné la France dans une politique de conquêtes coloniales. Quelques mois après la défaite de Lang-Son, en Indochine (28 mars 1885), qui a grossi le camp des adversaires de sa politique coloniale, Ferry s’exprime donc à l’Assemblée dans le but de convaincre les députés de la nécessité de poursuivre l’expansion coloniale.)

A suivre dans Tintin en Amérique...





Neige "FONDATION"


Parution de "Neige, Fondation", ce 25 août 2010 chez Glénat.

C'est une BD culte qui date des années 90 et que je n'ai jamais lu, voila ça y est c'est dit.

Je sais quand même que c'est de l'anticipation dont le sujet est l'écologie et que le scénariste Didier Gonvart, à écrit "le Triangle Secret" qui est une très bonne BD.

L'histoire qui se déroule dans un monde post apocalyptique est antérieur aux treize albums précédents.

Bon alors en attendant une prochaine investigation, je vous met la bande-annonce.






NEIGE FONDATION T1 / Bande-annonce
envoyé par GLENATBD. - Futurs lauréats du Sundance.