Méli-mélo d'opinions, vraiment très géo-politiquement incorrectes, caricatures, cartes, photos et vidéos... You can to translate in English... Welcome!

mardi 23 novembre 2010

Et viva el révolucion, Tintin 1936!

Buenos dias mi caro, jé t'écris depuis le Havre où jé dois m'embarquer sur lé paquebot Ville-de-Lyon, à destination de notre beau pays lé San Theodoros.
Jé été retardé par doux flics, les Doupont ou Doupond, jé né sais plous. Mais comme ils né sont pas bien malins, jé leur ai fait croire qué la statoue volée était oun réplique.Ici c'est la grève, le front populaire a gagné les élections sans même pas oun petite boumbe à faire sauter. Pays de barbares où ils ne respectent rien. Heureusement jé pou rencontrer sir Bazil Zaharoff dé la souciété Vickers-Armstrong. Il revient d'Espagne et d'Italie où il a fait de bonnes affaires et nous aurons les soulfateuses comme prévou. Pour lé financement, jé vou mister Chicklet, qui consent à nous faire, grâce à la General American Oil,  oun avance sour les foutours  bénéfices des champs pétrouliers du Gran Chapo. Jé t'envoie oun photo d'oux sour lé microufilm. Il y a aussi oun petit problème, un jeune reporter du nom de Tintin mé file lé train. Il s'est déguisé mais jé l'ai reconnu. Jé m'en débarrasse pendant la traversée. Ton Ramon qui t'aime comme oun frère, et viva la révolucion et viva lé yénéral Alcazar! Caramba!

Voici donc la lettre que Ramon, bandit et révolu -tionnaire sud américain envoya à son ami Alonzo en mai 1936. Cette lettre est archivée à la DST et votre dévoué serviteur a dû joué de toutes ses relations pour y avoir accès. Note que vous pouvez aussi vous faire une idée de la situation de l'époque, si vous avez reçu tout comme moi, le troisième tome des archives Hergé.

Toutefois, il y a des réalités qui dépassent les fictions.
J'ai donc fait des investigations du coté de sir Basil Zaharoff  de son vrai nom "Zacharias Basileos Zarapoulos (ce qui a dû finir par Rastapopoulos) de chez Vickers-Armstrong.

Il est très intéressant de constater que déjà à l'époque (1900) la prise de contrôle de banques et de médias était bonne pour les affaires de marchands de canons.

Mais le plus marrant à sept décennies d'intervalles, c'est la ressemblance frappante entre Histoire et actualité. Je cite et n'en dirais pas plus.

Après un évènement qui le terrassa moralement, Sir Basil liquida ses affaires et entreprit de rédiger ses mémoires, et cette rumeur fit trembler le monde, tant les États et leurs chefs compromis dans les négociations tortueuses du marchands d'armes étaient nombreux. Les affolantes mémoires furent dérobées par un domestique, qui avait espéré faire fortune en révèlant les secrets de Grands de ce monde, ou bien en travaillant pour l'un d'entre-eux… La Police retrouva le manuscit et le rendit à son propriétaire en toute discrétion, moyennant finance aux policiers. Mais ces écrits dérangeants, cette ultime provocation, ce dernier pied de nez au Monde trouvèrent leur fin dans les flammes, lorsque le Baron Zaharoff les fit brûler, dégoûté semble-t-il de tout et de tous.

Vous pouvez lire quelques moments de la vie de cet homme sur Wikipédia.


Autre dossier de l'album en plus bien-sûr de l'intérêt ethnologique d'Hergé pour les peuplades dites primitives, le pétrole.


Plutôt que de vous en faire quarante pages, je vous suggère ces huit vidéos sur l'Histoire secrète du pétrole, certes le tout est assez long mais également fort intéressant.







Pour en revenir à Hergé, toujours aussi prolixe, il signe les aventures de Jo, Zette et Jocko dans un hebdomadaire français cette fois-ci, intitulé Coeurs Vaillants. tout en maintenant bien-sûr, le rythme du Petit Vingtième et ses diverses affiches et illustrations...

Nous somme en 1936 donc, c'est la guerre civile en Espagne, l'Italie envahie l'Ethiopie et Hitler réarme la Rhénanie.

L'heure est à la guerre donc et le monde en a conscience, même si l'on oublie la gravité des choses en lisant des bd.
Et donc, les aventures de Tintin, collent à leur temps, "les temps modernes" c'est d'ailleurs le titre du dernier film de Charlie Chaplin au cinéma.
Pour finir cette édition, je vous propose, dans la plus pure tradition journalistique, les cours de la bourse.



Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Write your opinion!